PIONNIÈRE
En 2019, dans l'édition spéciale "Paris Photo" d'Art Newspaper, la journaliste Natacha Wolinski titre : "Marie Docher, pionnière sur le terrain de la lutte pour l'égalité H/F". "Pionnière", "militante", "activiste",...
ces mots étaient quasi absents de mon vocabulaire avant 2014. Depuis, ils ont exprimé mon quotidien avec l'émancipation et la joie qu'ils génèrent et les combats parfois durs et très formateurs qui les accompagnent.
S'ils font peur ou sont prétextes au dénigrement, ils sont surtout porteurs de changements profonds.
Militer c’est s’engager dans la connaissance d’un sujet. Être activiste c'est l'ancrer dans le réel, c’est acquérir des savoirs grâce à des lectures contradictoires, des partages, des recherches, des conférences, des expériences.
Une parole « militante » est un savoir situé, comme tout discours, nourri par la recherche, toujours en mouvement. C'est surtout l'apprentissage du partage.

Cette vidéo retrace le travail que j'ai réalisé durant les 6 dernières années pour tenter de desserrer l'étau qui empêche les femmes de mener leurs carrières de photographe.

Formation, conférences et médias
En 2019, j'ai créé une formation/performance sur les carrières des artistes.
Je conçois également des modules ouvrant des discussions sur les enjeux d'égalité et de diversité dans les domaines associant photographie et contenu ainsi que des formations sur l’impact du genre sur la création artistique. 
Depuis 2015, je suis régulièrement invitée lors de tables rondes ou conférences aussi bien par des festivals que par des institutions. En 2019, je suis intervenue au Finnish Museum of Photography, durant Fotofever et Paris Photo, aux 1ères rencontres de l'égalité F/H de la DRAC Pays de Loire et aux "Nonante neuf talks" du Swiss Art Council Pro Helvetia à Arles. 
J'ai également été invitée sur France Musique, Médiapart et par Brigitte Patient sur France Inter. Des magazines comme Manifesto XXI, Blouin Art+auction, 9 lives magazine, Le Temps, Télérama, The art Newspaper... ont écrit des articles nourris par de longs entretiens.Je suis également régulièrement interrogée par des chercheurs et chercheuses en sociologie ou histoire de la photographie.
ATLANTES & CARIATIDES
De janvier à mars 2014, j'ai produit les premiers chiffres montrant la faible représentation des femmes dans le champ de la photographie : le plafond de verre les maintenait bien en-dessous la barre des 20 %. 
Le 6 avril 2014, j'ai ouvert le blog Atlantes & Cariatides pour les diffuser tout en commentant l'actualité de la photographie. J'ai utilisé dans un premier temps un prénom masculin avec le projet de révéler mon genre ultérieurement. 
Méthodologie mise en place
- compter pour que les femmes comptent,
- faire le lien entre la recherche et les publics,
- interpeller les responsables d’institutions.
DÉCROCHEZ !
En novembre 2014, le travail d’une photographe est censuré dans une exposition collective que j’ai initiée dans le cadre du Mois de la Photo à Paris. Je rencontre Jean-Luc Monterosso alors directeur de la Maison Européenne de la Photographie qui me confie l'organisation d'une table ronde sur les problèmes de censure dans la photographie.  Le débat a lieu à la MEP dans un contexte tendu (attentats, censures) le 17 mars 2015. Les vidéos des interventions et débats sont rassemblées sur le blog "Liberté d'exposition" que j'ai créé, ainsi que la traduction des bonnes pratiques de la National Coalition Against Censorship avec qui j’ai collaboré sur ce dossier.
A l'issue de cet évènement intense, Jean-Luc Monterosso me demande d'organiser une autre table ronde, sur les femmes photographes.
NI VUES NI CONNUES : Comment les femmes font carrière (ou pas) en photographie
Cette rencontre, que j'ai organisée à la demande du directeur de la Maison Européenne de la Photographie, a bousculé les croyances et les impensés qui perpétuent une image genrée des pratiques artistiques. Histoire de l’art, sociologie, politiques publiques, pratiques militantes, études genre, critique et enseignement étaient convoqués pour ouvrir la voie… Une première en France !
Ne pouvant donner la parole lors de la table ronde à suffisamment de femmes photographes, je suis allée m'entretenir avec plusieurs d'entre elles. Ce documentaire de 30 mn a été diffusé dans une dizaine de festivals en France et Belgique et rencontres sur l'art. Les échanges avec les participant·es, la récurrence des questions m'ont incitée à faire le projet Visuelles.art : ce que le genre fait à l'art.
VISUELLES.ART : ce que le genre fait à l'art
Cette plateforme gratuite regroupe des entretiens que j'ai réalisés en 2018 et 2019 avec des chercheur·es, commissaires d’exposition, historiennes de l’art, sociologues...qui parlent de leurs travaux et tentent de répondre à des questions récurrentes comme « Qu’est-ce que le génie ? », « Le talent a-t-il un sexe ? », « Que deviennent les étudiantes en école d’art ? », « Faut-il des quotas ? »... 
Ce travail a reçu le soutien du ministère de la Culture/DGCA et d'AWARE et d'H/F Bretagne.
Lettre au directeur
des Rencontres Internationales d'Arles
Le 3 septembre 2018, le collectif LaPartDesFemmes vient d'être créé et publie une tribune dans Libération signée par près de 600 personnalités du monde de la photographie en France et à l'étranger. Cette lettre au directeur des Rencontres d'Arles demande de prendre la mesure de la trop faible visibilité des femmes et de mettre un terme à cette discrimination.
En 2019, les expositions individuelles sont équilibrées en terme de genre et la sélection de 2020 l'est également (édition reportée). Le directeur apporte ainsi la preuve qu'un festival égalitaire ne perd rien en qualité et intéresse le public avec un nombre de visites record.
Cette lettre a fait entrer la question de l'impact du genre et des origines dans le débat public sur la photographie.
MYX
En 2015, j'ai souhaité rassembler avec le Centre Hubertine Auclert des professionnel·les de l’image afin de donner accès et de promouvoir des images non stéréotypées et non excluantes en leur attribuant le mot-clé MYX.
Présenté sous forme de manifeste et de charte, MYX a pour vocation à être signée et partagée par le plus grand nombre d'agences photographiques et s’inscrit dans une action citoyenne dont la mise en œuvre dépend de chacun·e. 
Femmes photographes :
pourquoi tant d'invisibilisation ?
L'émission chez Mediapart a étendu le débat au milieu du photojournalisme. Il a été mené par des articles publiés sur le blog de LaPartDesFemmes ainsi que dans de longs fils de discussions à visée pédagogiques sur Facebook. En 2020, les principaux festivals de photojournalisme ont présenté des versions numériques ou allégées de leurs programmes. Tous sont égalitaires.
Paris Photo 2019 : un point d'avancement
Apprendre à voir l’invisible, produire des chiffres, dénoncer les discriminations, travailler à la visibilité des femmes photographes, tels étaient les objectifs de la commissaire d’exposition Fannie Escoulen et du ministère de la Culture. 
Je présente l’étude chiffrée réalisée pour l’occasion à la demande du ministère de la Culture/DGCA/Délégation à la photo.
Barbue un jour, barbue toujours
En avril 2014, j’intègre le collectif d’activistes La Barbe, prépare et mène le "barbage" de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain qui aura pour conséquence une modification substantielle de la programmation.
Durant 4 années, j'ai filmé et photographié les actions que nous mettions en place. J'ai appris à me lever, mettre une barbe et déranger avec humour les intervenants dans les lieux de pouvoir. Au même moment, j'écrivais en tant que Vincent David sur le blog Atlantes & Cariatides.
En étant un homme virtuel durant ces deux années, j'ai compris ce qu'étaient le respect entre pairs, l'immense confort de ne pas être continuellement remise en question et critiquée sans argument.
Cela m'a surtout convaincue de continuer à montrer combien le sexisme et le racisme nuisent à tout individu et à la société en général.
La Barbe !

Photo : Vincent Gouriou

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